Les deux lauréats du Prix Lettres frontière deviennent, les "Parrains" ou "Marraines" de la Sélection suivante et remettent en main propre les prochains "Coups de coeur" au cours de la journée L'Usage des mots.
Jean-Noël Blanc
Lettres Frontière est une institution redoutable. Si jamais elle retient votre livre dans sa sélection annuelle, vous êtes perdu.
D’abord, on vous convie à rencontrer une assemblée de bibliothécaires, de libraires et de lecteurs, qui vous passent un jour entier au grill de leurs questions. Cependant, comme neuf autres auteurs partagent la même épreuve, ce compagnonnage d’infortune vous aide à tenir le coup.
Le pire est à venir. C’est que des bibliothèques vont maintenant vous inviter. Ici, ailleurs. Dans des villes, des villages. Plus loin encore. Là, on vous reçoit, on vous sourit, on aime vos écrits, on vous accable d’amabilités, on vous célèbre, on se met en quatre pour votre agrément.
C’est insupportable. Si vous ne résistez pas, vous allez finir par vous prendre pour quelqu’un d’intelligent, de talentueux et de sympathique. Funeste erreur. Parce que ces qualités-là, l’intelligence, le talent et la sympathie, ne sont pas de votre fait : elles appartiennent en réalité aux organisateurs de Lettres Frontière. Je le sais pour l’avoir expérimenté et vérifié tout au long de cette année, partout où je suis passé.
C’est pourquoi les épreuves infligées par Lettres Frontière procurent en définitive tant de bonheurs. Merci.

Olivier Sillig
Inventaire
- J’ai beaucoup apprécié votre… votre…
Je suggère en souriant :
- Ma prestation ?
Elle rectifie :
- Votre simplicité.
Une simplicité que je veux préserver.
