Résumé
Dix ans après l’incendie du tunnel sous le Mont Blanc, Fabio Viscogliosi revient sur cette catastrophe dans laquelle il a perdu ses parents et sur la façon dont il a pu s’approprier un deuil aussi intime alors que celui-ci était devenu un drame national. Les états traversés pendant les années qui ont suivi, alternant colère et sérénité, sont décrits avec profondeur et parsemés de touches de fantaisie. L’auteur interpelle notamment les écrivains qui le nourrissent comme Jorge Luis Borgès, Jack Kerouac ou Annie Ernaux mais aussi des artistes comme Bob Marley ou René Magritte.
L’auteur
Né en 1965 de parents italiens à Oullins, Fabio Viscogliosi vit à Lyon et mène aujourd’hui un travail d’écriture aux côtés de ses activités de musicien, sculpteur et dessinateur. Mont Blanc est son deuxième roman.
Éléments de bibliographie
- Au cœur du monde
L’Association, 1991 - L’ABC des rêves
Seuil, 1994 - Le Pacha
coécrit avec Blutch
Seuil, 1999 - Dans l’espace
Seuil, 2001 - Ma vie de garçon
Seuil, 2003 (et Attila, 2011) - Da capo
L’Association, 2010 - Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit
Éditions Stock, 2010 - Mont Blanc
Éditions Stock, 2011
Extrait
L’air était doux, traversé de pépiements multiples, signes d’un printemps précoce et chargé de promesses. Ma femme et moi étions rentrés dans l’après-midi – rentrés de Paris, cela n’a pas grande importance, sinon pour dire qu’après deux jours de brouhaha nous retrouvions la quiétude de notre appartement. A présent, je jouais de la guitare dans mon coin. Je jouais sans direction véritable, une ébauche de mélodie, glissant d’un accord à l’autre, incapable de fixer mes pensées sur une figure particulière, mais plutôt dans cet état d’esprit proche du « lâcher prise » qui parfois coïncide avec le début de la nuit et la sérénité qui l’accompagne. Par la fenêtre entrouverte, le souffle de la rue venait lécher mes notes, leur apportant cette légère dissonance qui ouvre à tous les possibles, je n’en demandais guère plus.

