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Lou du fleuve (Suisse romande)

Anne-Lise Thurler - Lou du fleuve

L’auteur

Anne-Lise ThurlerNée en 1960 à Fribourg, Anne-Lise Thurler a fait des études de sciences politiques à l’Université de Lausanne où elle a ensuite travaillé comme assistante. Après de nombreux voyages, elle publie sa première ouvre, Scénes de la mort ordinaire, un recueil de nouvelles, en 1994. Ce livre a été distingué par la Fondation Schiller en 1995.
Elle vit actuellement au Mont-sur-Lausanne et elle est mère de deux enfants.

Eléments de bibliographie

  • Scénes de la mort ordinaire – Zoé, 1994 – Sélection Lettres frontiéres 1995
  • Le crocodile ne dévore pas le pangolin – Zoé, 1996 – Sélection Lettres frontiére 1996
  • L’enfance en miettes – Zoé, 1998
  • Lou du Fleuve – Zoé, 2000 – sélectionné également pour le Prix Dentan 2001

Albums illustrés pour la jeunesse :

  • L’enfant et le pangolin au pays des crocodiles – LEP, 1998 – Prix Planéte Bleue 2000 de la Fondation Education et Développement
  • Phantasia – LEP, 2000

Résumé

Lou est fille du fleuve. Quand elle était enfant, fascinée par ses eaux changeantes, elle venait se réfugier sur ses rives. Au seuil de l’‚ge adulte, elle y rencontre André, un vieil homme étrange, captivé par les bois que les flots ont façonnés.

Ce roman raconte des histoires d’amour. Malgré la proximité de la mort, le lien profond qui unit Lou et André s’imposera, plus fort que la passion de Lou pour son
fleuve, plus puissant que la sensualité partagée avec un garçon venu de nulle part.

La nature est au centre de ce roman, le fleuve et la forêt comme un palais de soleil, les pierres que Lou collectionne, et les troncs qu’André sculpte. Une nature à laquelle
ces deux êtres en rupture s’abandonnent et qui, peu à peu, les apaise.

De ces pages s’élèvent, à travers la prose déliée d’Anne-Lise Thurler, une odeur d’humus, un parfum de limon et de résine de pins.

Extrait

Ce matin, elle décide que l’eau est bleue, du même bleu ourlé de rose que le ciel. Lou, à chaque visite, choisit la couleur du fleuve. Le plus souvent, elle décline les tons de vert ou de brun. Suivant son humeur et sa fantaisie, il prend la teinte hésitante du tilleul, la profondeur du chêne ou l’acidité du chasselas, il a la rondeur du caramel, la raideur mordante de la cannelle ou, quand les orages d’août l’épaississent, le pelage d’un chien mouillé. Le fleuve, docile, se laisse nommer et Lou perçoit un murmure de contentement dans le fracas des eaux qui se brisent sur les rochers. A cet endroit, les fleuve est capricieux, il joue des coudes et des pieds en enfant g‚té et s’étend dans un lit chaotique tout de gouffres, d’îlots et de rocs enchevêtrés. Lou aime qu’il en soit ainsi et elle se refuse à imaginer, à quelques encablures de là, son cours endigué.
L’eau est si bleue que la falaise de gypse semble n’avoir d’autre raison d’être, dans sa blancheur, que de l’empêcher de rejoindre l’immensité du ciel. Lou plisse les yeux pour supporter l’éclat du soleil sur ces bleus jumeaux. Elle veut que le fleuve brille de tous ses feux, qu’il l’agace, qu’il lui saute à la figure.

Critiques

« Par son style sensuel et son osmose avec la nature, elle s’inscrit dans la lignée de Corinna Bille. Lou du fleuve sent l’humus et la mousse, son grain est celui du sable, son chant celui du vent ou des cailloux qui roulent. Tout dans le ton du récit met sur la voie d’une quête de la pureté originelle. »
Eliane Waeber Imstepf, La Liberté

« L’histoire, dont le fleuve, les pierres ou la forêt sont des personnages centraux, s’écoule avec le naturel et la force des eaux, de plus en plus tendue et émouvante. En refermant ce livre au parfum de terre humide, on n’oublie pas de sitôt cette fille rebelle et libre, cette Lou aux yeux « verts comme le fleuve et la vie ».
EB

« voici Anne-Lise Thurler dans le temps accordé d’un lent et initiatique parcours qui principalement met en scène la figure, énigmatique et sauvage, de Lou. Celle qui aime, celle dont le regard se confond avec le fleuve. Celle qui rencontre la mort. Celle qui se suspend à son mystère. Celle qui accompagne André, le vieil homme étrange et aussi énigmatique, dans sa quête qui passe par l’idéal de la beauté sculptée, et jusqu’à sa fin. (…) Le fleuve, son temps et son cours, le fleuve et ses abords, le fleuve et son lit, agit en métaphorique présence et se conjugue aux personnages, relayant leurs paroles et leurs pensées. »
Jean-Dominique Imbert, Lire

« Anne-Lise Thurler dit avec beaucoup de finesse et d’intelligence la vie dans sa force parfois brutale, mais aussi la vie rêvée, la vie souterraine, celle qui vous submerge de bonheur ou vous brise net, celle que l’on apprend à apprivoiser dans ses violences, et à accueillir dans sa douceur. »
Claude-Anne Borgeaud

« Lou est une enfant du fleuve et de la nature, elle en vit les saisons et les métamorphoses : les éclats de soleil, le frémissement des arbres, la poussière d’or du sable, les couleurs de l’automne, le givre de l’hiver, la vie naissante du printemps qui est à la fois promesse et précarité. Anne-Lise Thurler unit profondément les sentiments humains aux variations du fleuve et de la forêt, comme dans la littérature romantique. »
Henri Maître, Papivore

« Récit d’ombre et de lumière qui déploie des branches de la vie de Lou, enracinées dans l’enfance, dans le mystère de la nature ou dans la chaleur du désir. Malgré la perte de figures aimées, la mère, le sculpteur, malgré la tristesse, la tragédie n’imprègne pas les pages de ce conte fluvial, protégé par le feuillage de la narration enrichi de métaphores et de symboles. »
Elisabeth Vust, 24 Heures