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L’identité obscure (Rhône-Alpes)

Jacques Ancet - L'identité obscure

L’auteur

Jacques AncetJacques Ancet est un poète et traducteur français né le 14 juillet 1942 à Lyon. Après des études secondaires et supérieures dans cette même ville, il fut lecteur de français à l’université de Séville, puis agrégé d’espagnol. Il a enseigné depuis plus de trente ans dans les classes préparatoires aux grandes écoles avant de se consacrer à son travail d’écrivain et de traducteur près d’Annecy, où il réside.

Il a particulièrement aimé :

  • Plupart du temps – Pierre Reverdy
  • Le Chef-d’oeuvre sans queue ni tête – Yannis Ritsos
  • Absalon, Absalon ! – William Faulkner
  • La Destruction ou l’amour – Vicente Aleixandre
  • L’Innommable – Samuel Beckett

Eléments de bibliographie :

  • Diptyque avec une ombre – Arfuyen, 2005 – Prix Charles Vildrac de la SGDL – Prix Heredia de l’Académie Française, 2005
  • Chutes – Alidades, 2005
  • Sur le fil – Tarabuste, 2004
  • N’importe où – La Porte, 2006
  • L’Heure de cendre – Opales, 2006
  • La Ligne de crête – Tertium, 2007
  • Entre corps et pensée – L’Idée bleue, 2007
  • Journal de l’air – Arfuyen, 2008
  • L’Orage vient – La Porte, 2009
  • La Voix de la mer – publie.net, 2008
  • L’Identité obscure – Lettres Vives, 2009 – Prix Apollinaire 2009

Résumé

Dans la continuité de La Brûlure, L’Identité obscure est un poème, un chant intérieur où souffle et intensité, lenteur et accélération, concentration et expansion, méditation et vision, se heurtent, se croisent et se confondent. (poezibao.typepad.com)

Extrait

CHANT I (extrait)

C’est comme, minuscule à peine, une effervescence
avec les mêmes images, leur même lumière,
le chêne, son tronc obscur, le chat sur la fenêtre,
le silence soudain de l’heure, on ne sait plus trop
pourquoi maintenant, plutôt que demain ou qu’hier,
pourquoi ici, mais ici, maintenant, c’est partout,
c’est le monde qu’on n’entend que quand il se retire
comme une vague, et qu’il n’en reste que juste un souffle
dont on ignore s’il vient de dedans, de dehors,
on regarde ce qui dans la vue ne cesse de
se retirer, on guette un visage sans visage
qu’on voudrait reconnaître, un espace qui s’entr’ouvre,
(…)

Critiques

La notoriété de Jacques Ancet comme traducteur émérite des grands poètes espagnols, (Gamoneda, Valente, Saint Jean de la Croix,…), a un peu recouvert sa propre oeuvre poétique d’une fine mousse de séparation. Pourtant il aura lui aussi témoigné hautement de la poésie comme « art de la mémoire, donc aussi de l’oubli ». Au-delà de l’imperceptible des mots, des choses fuyantes, les gouttes de ses vers coulent sur les vitres du monde. Ils sont autant de signes invisibles pour accroître notre écoute de la vie. C’est là. Ça n’a pas d’images. (www.espritsnomades.com)

Obscurité dense, offrant un aperçu de l’unité désarmante à laquelle chacun aspire tout en la craignant, et c’est tout le talent de Jacques Ancet que de parvenir, chant après chant, à travailler cette matière subtile, des impressions, des éclats de ces moments où l’identité se fond et s’affirme dans le même mouvement – paradoxal élan d’émerveillement, puisé au coeur de sa force statique –  » tout ce qui vient, / s’éloigne, ne laisse pas de trace, et je dis j’aime / cet éphémère, je le touche, je le respire,/ il m’enveloppe, comme ma peau, il est ma vie « . (Le Matricule des Anges N°102 – Avril 2009)