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Derrière les panneaux, il y a des hommes (Suisse romande)

Le livre

Une langue violente, acérée, qui nous heurte et nous dérange, une langue étouffante et poisseuse comme la chaleur nauséeuse des aires d’autoroute où se passe l’histoire… La noirceur de ce polar frise certes la caricature au début: on devine en effet, dès les premières pages, qui est le tueur, un homme isolé du monde par sa surdité et ses muscles. Mais l’intérêt de ce livre est ailleurs. Il réside d’abord dans la peinture des autres personnages, attachants dans leur humanité et d’une belle originalité. Le style, ensuite, avec son langage cru et scientifique, reste maîtrisé tout au long du roman; les procédés employés (phrases courtes, listes et énumérations, ironie voire cynisme) rendent bien, en contrepoint à la touffeur des lieux, la froideur nue de la mort. A la violence et au sexe, enfin, font écho la souffrance vécue et la sensibilité exacerbée de certains personnages.

Dans le genre « polar noir », le roman d’Incardona est une belle réussite!

L’auteur

Portrait Joseph Incardona

Joseph Incardona est un écrivain et réalisateur suisse et italien, né en 1969.  Diplômé en sciences politiques et relations Internationales, il anime depuis 2003 des ateliers d’écriture créative, notamment à l’Institut Littéraire Suisse (Haute Ecole des Beaux-Arts, Berne) et à l’Université de Bordeaux III. Il collabore également en tant que « script doctor » pour différentes maison de production. Son style noir et rythmé côtoie un ton décalé malgré la gravité des thèmes abordés dans ses œuvres.

 Éléments de bibliographie

  • Remington
    Fayard, 2008.
  • Lonely Betty – Grand Prix du roman noir français 2011
    Finitude, 2010
  • 220 Volts
    Fayard, 2011
  • Trash Circus
    Parigramme, 2012
  • Misty
    Baleine, 2013
  • Aller simple pour Nomad Island
    Seuil, 2014
  • Le cul entre deux chaises (nouvelle édition révisée)
    BSN Press, 2014
  • Derrière les panneaux, il y a des hommes – Grand prix de la littérature policière 2015
    Finitude, 2015
  • Permis C
    BSN Press, 2016

Pierre Castan ouvre les yeux.
Derrière le pare-brise sale le monde est toujours là : une aire de repos écrasée par la chaleur.
Herbe jaune piétinée jusqu’à la trame. Poubelles débordant de déchets. Tables de pique-nique en ciment dont les angles révèlent des moignons de métal rouillé.